Artificial Paradise

14/03 > 25/04 2009
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition




Avec cette exposition d'oeuvres récentes à la JGM. Galerie, Rob Wynne fait ici allusion aux cabinets de curiosités très en vogue au XVIIIème siècle et rappelle ainsi ce goût pour l'hétéroclisme et l'inédit.

Rob Wynne fait partie de cette génération d'artistes américains dont l'oeuvre puise sa modernité dans une vaste et éclectique connaissance du passé. Avec un sens précis du choix de ses références, il développe le pouvoir d'évocation du sujet choisi en le mettant en scène.  Aux techniques contemporaines qui utilisent toutes les possibilités - de la photographie au numérique, il adjoint un artisanat traditionnel (céramique, verre soufflé et coulé, broderie) dont la préciosité révèle la subtile relation qui lie dans son oeuvre le présent au passé.


Ainsi, dans la galerie, habillée de papier-peint « Tue-mouches », on y trouve, tels des objets d'Histoire Naturelle, des dessins brodés de perles évoquant des plantes inconnues et des créatures marines, de grandes araignées en verre soufflé, des nids d'oiseaux, des champignons multicolores en verre, et d'étonnantes branches en céramique dont les bourgeons sont des yeux. Des gouttes en verre soufflé coulent sur les parois et des gravures brodées ornent les murs tandis qu'une bougie en bronze sertie de diamants nous regarde de son oeil-flamme.


Une série de textes en verre-miroir au côté doux-amer courent comme des pensées baroques sur les murs. Ces textes sont choisis par l'artiste pour frapper l'esprit ou désigner un mystère et agissent comme des « cadavres exquis ». Ces phrases possèdent souvent un double sens et ne demandent qu'à être détournées. Grâce à une dyslexie persistante depuis l'enfance, il dévore les textes sans les voir, sans les lire, sauf les petites phrases qui le frappent et qu'il consigne patiemment dans ses carnets.


Comme au XVIIIème siècle, Rob Wynne organise son cabinet de curiosité selon deux catégories : les naturalia, choses de la nature et les artificialia, objets créés par l'homme, mais ces deux idées se confondent ici pour n'être finalement que les oeuvres du « Paradis Artificiel » de l'artiste. En faisant allusion à ces salles d'atmosphère baroque du passé, Rob Wynne fait un commentaire sous-jacent sur les complexités de la vie moderne, en utilisant des images et un langage puissant pour transporter le visiteur dans un autre monde.