Faces

06/05 > 05/06 2010
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition




Après une exposition de peintures et vidéos en 2007, La JGM. Galerie présente à nouveau cet artiste avec une nouvelle série Faces de vidéos et d'acryliques sur toile.

En 1995, Li Yongbin découvre à travers des amis une nouvelle technique : la vidéo. Il veut tenter l'expérience. Il emprunte une caméra et réalise un premier film-montage. Un matin, à l'aube, il projette sur un arbre une photo de sa mère et filme le visage aimé qui disparaît progressivement de l'écorce alors que le jour se lève : Une révélation ! «  C'est devenu comme une nouvelle manière de respirer. Une découverte extraordinaire. J'ai compris l'ouverture et les possibilités que cette nouvelle technique m'ouvrait. » Toute l'oeuvre vidéographique de Li Yongbin est une recherche sur le temps disparu, la vie et la mort comme cette vidéo qui commence par un crâne qui progressivement s'habille des traits de l'artiste (Face IX). « Je m'efforce de réduire les qualités techniques de certains instruments ou matériels, à leur plus simple expression, comme pour la caméra. Son usage basique m'autorise à accomplir une démarche originale et immédiate, évitant de cette façon toute interférence extérieure. Le but est ici de réduire, non de croître, de perdre et non de gagner. L'objectif de mon travail est d?atteindre, dans sa réalité absolue, le principe d'ascèse »


Dans ses derniers tableaux (toujours autoportraits), intitulés Faces aussi, Li Yongbin a voulu traduire cette fascination qu'il a découverte en vidéo, reprendre ce jeu et ces équivoques, retrouver ces messages troubles. « J'ai voulu arrêter le mouvement, comme on fait un arrêt sur image en vidéo » explique Li Yongbin. « Cette difficulté à fixer l'instant, j'ai voulu la maîtriser. J'ai voulu montrer ce que j'ai vu, mais qui n'existait pas ». En regardant l'une après l'autre ses toiles, on retrouve comme par éclairs l'inspiration des vidéos. La tête émerge des flammes et l'on s'interroge sur les limites de l'espace. Un autre tableau rend parfaitement l'idée de vitesse, au point que le visage représenté en gros plan dans la toile semble prêt à s'en échapper. Les yeux, toujours très forts, d'une toile à l'autre, sortent de l'ombre. Des yeux qui réfléchissent. A la mort, l'angoisse, le temps qui passe, la vie ! En l'absence de couleur, la lumière des toiles apparaît d'autant plus éclatante.


Certaines de ses peintures ont été montrées dans des expositions prestigieuses comme Face V à la Tate Liverpool, en 2007, dans le cadre de l'exposition "The Real Thing : Contemporary Art from China" et Face I dans l'exposition "China Now" au MOMA en 2004. Par ailleurs ce même Musée a acquis la vidéo Face VII. La fondation Guy et Myriam Ullens a également fait l'acquisition, à la suite de l'exposition en 2007, de 3 peintures et 5 vidéos.


« Peut-être qu'à l'avenir, ces oeuvres que je présente pourront servir de témoignage, tout comme les artistes qui s'en sont allés ont enregistré et prouvé, par le biais de leurs oeuvres, le fait qu'ils étaient d'abord venus. » (Li Yongbin, 28 mars 2010)