Bricoler l'incurable

25/10 > 07/05 2011
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition




Pour sa première exposition personnelle à la JGM. Galerie l'artiste franco-marocain présente des nouvelles pièces dans la lignée de son  oeuvre totale qui depuis 1993 poursuit une quête inlassable, puissamment symbolique, des avatars et aléas du monde contemporain.

Logé sous la même et constante enseigne, "Bricoler l'incurable" (titre emprunté à Cioran) décline des images et des objets sous forme d'installations qui s'adaptent et s'accordent avec les divers lieux d'exposition. A chaque fois les détails de cette "machinerie" sont agencés afin d'instiller et distiller à la fois un "climat", une vision du monde, une température de l'état des choses qui nous concerne dans cette histoire au présent qui ne se refait pas. Mohamed El Baz pense que son titre générique «Bricoler l'incurable» remet en cause l'idée de progrès comme acceptation, validation de tel ou tel héritage. C'est bien la réalité qui est incurable mais ceci ne l'empêche nullement de l'exorciser constamment. Ainsi cette mappemonde réalisée à partir d'un tapis découpé au laser qui dit la volonté de préserver autant que se peut une image de la diversité et d'une ethnographie dans ce monde global. De même que ces impressions sur plexiglas, images choisies dans un répertoire qui ne fait que se multiplier et que l'artiste enflamme, un peu comme le brulis chez les aborigènes utilisé prudemment pour bruler certains végétaux et en protéger d'autres. Il va de pair avec ces yatagans en néon, arme tranchante et désuète mais qui dans ce contexte dessine dans l'espace un outil destiné dans sa conception ou dans son utilisation à neutraliser, à blesser ou tuer. C'est dans cette acception qu'on arriverait à le désamorcer. Puis last but not least ce dessin mural d'un squelette fidèlement anatomique entouré de postes radios dont chacun est réglé sur une fréquence différente et dont l'antenne télescopique indique une partie du corps telle une planche anatomique. Le squelette parle ainsi les bruits du monde et fait en même temps comprendre ce constat que l'artiste met en exergue : la mort ne met pas un terme à la marche du monde mais néanmoins elle guette tout, y compris l'obsolescence instantanée de tout ce que les médias véhiculent sans relâche.
Mohamed El Baz est un poète de grand talent et une personnalité d'exception et la JGM. Galerie est heureuse de l'accueillir dans ses murs pour une collaboration qui se veut à long terme.