Le Pari de Pascal

20/10 > 19/11 2011
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition




La JGM. Galerie a le plaisir d’annoncer sa première collaboration avec les Frères Chapuisat. Parallèlement à l’exposition qui leur est consacrée au Centre Culturel Suisse, un ensemble d’œuvres sera présenté du 21 octobre au 19 novembre à la JGM. Galerie.


 

En une dizaine d’années, les frères Chapuisat sont passés maître dans l’art de l’intervention «in situ ». De l’occupation totale de l’espace du Centre culturel Suisse à Paris (les éléments, 2011) à l’érection monumentale d’une sculpture habitable dans le jardin des tuileries (Jumping Bean, 2009), chacune de leurs installations est l’occasion de se lancer dans un nouveau défi vis-à-vis du lieu qui les accueille. Autrement dit, les deux frères se plaisent à éprouver les limites et les contraintes spécifiques d’un lieu d’exposition et à trouver l’équation qui leur permette de mettre en scène leur répertoire plastique.


D’une manière générale, leurs œuvres constituent souvent des constructions éphémères en bois qui invitent, et parfois même contraignent, le visiteur à s’introduire, se hisser et parfois ramper à l’intérieur.  Ces épreuves physiques modifient l’attitude habituellement passive du visiteur. Comme l’explique les artistes : "Nous voulons amener les visiteurs dans notre univers, pour faire oublier l’espace d’art." Cette mise à distance de l’institution n’est pas nécessairement critique, elle manifeste plutôt le désir des artistes de retrouver ou de reproduire un espace qui leur est familier ou intime.


Pour leur exposition à la JGM. Galerie, les frères Chapuisat ont choisi de réunir un certain nombre d’œuvres réalisées sur différents supports (vidéo, photo, dessin, sculpture). Ils s’écartent pour cette occasion  de leur pratique de l’installation pour  présenter des œuvres qui synthétisent et regroupent un certain nombre de thèmes qui leur sont chers et qu’ils développent depuis leur début. Intitulée le Pari de Pascal, en référence à l’un des plus célèbres passages du livre les Pensées, les deux frères s’interrogent sur la compatibilité d’une réflexion à la fois théologique et scientifique. Une pierre tombale en bois sur laquelle est gravée l’épitaphe In Wood We Trust affiche avec humour la croyance des artistes en leur matériau de prédilection : le bois. Contrairement à la croyance transcendante de Pascal, leur « Dieu » serait donc immanent, il se manifesterait dans le monde et chaque chose qui le compose. D’ailleurs, le dessin intitulé La limite de Hayflick représente un agglomérat de cellules qui fait référence à la découverte de Leonard Hayflick en 1965. Hayflick avait observé que des cellules en division dans une culture cellulaire ne se divisent que 50 fois avant de mourir. Quand des cellules approchent cette limite, elles montrent des signes de vieillissement.  Les chercheurs s’intéressent aujourd’hui à cette limite car la ralentir ou la repousser permettrait de prolonger la durée de la vie. L’éternité pourrait donc être le fruit de  l’expérimentation scientifique et non pas  la récompense d’une vie dévote. 


En parallèle de cette œuvre, une photographie (On the Isles of Vitiligo, 2011) montre deux mains atteintes de la maladie de vitiligo, une maladie de l’épiderme qui se manifeste par des tâches blanches sur la peau. Dans cette œuvre, les mains se transforment en un ensemble d’îles mystérieuses. D’un espace imaginaire on revient à l’espace familier via l’œuvre Home qui regroupe un nombre important de clé dans un bocal plein de miel. Toutes ces clés ont réellement appartenu aux frères Chapuisat ou aux membres de leurs familles. Elles évoquent à la fois des souvenirs personnels et des lieux où ils ont vécu. Cette dimension poétique est également présente dans d’autres œuvres. Ainsi, Rejets est une vidéo ou l’on observe un tuyau d’arrosage qui se déplace dans le fond d’une piscine par la force de son jet. Cette œuvre nous invite à une contemplation apaisante du mouvement aléatoire du jet d’eau. Enfin, FAS 90 est un fusil en peluche confectionné par l’un des deux frères pendant son service militaire.


Le travail des frères Chapuisat a fait l’objet de plusieurs expositions en France et à l’étranger et notamment au Château de Chamarande, au Parvis à tarbe, au Crédac à Ivry-sur-Seine, au Kunstmuseum à Bern, au Centre Culturel Suisse  à Paris, etc.