29/05 > 01/08 2020


La Galerie Mitterrand est heureuse d'annoncer le début de sa collaboration avec la succession de l'artiste américain Dennis Oppenheim en France. À cette occasion, une première exposition consacrée à artiste se tiendra à la galerie du 28 mai au 1er août 2020 et rassemblera une sélection d'oeuvres réalisées entre 1973 et 2008.

L'oeuvre de Dennis Oppenheim se caractérise par une multitude d'approches allant du Land Art au Body Art et de pratiques comme la vidéo, la sculpture, l'installation ou encore la photographie. Pionnier du Earth art aux côtés notamment de Robert Smithson, Walter De Maria, Michael Heizer, Christo et Jeanne-Claude, Dennis Oppenheim souhaite inscrire ses oeuvres dans un environnement naturel en intégrant les particularités du paysage. L'Earth art prend sa source aux États-Unis dans les années 1960. Ses réalisations seront plus tard regroupées sous le terme plus générique de Land Art. Les artistes de l'Earth art positionnent volontairement leurs oeuvres à l'écart des lieux de diffusion institutionnels en privilégiant la production d'oeuvres in situ.Dennis Oppenheim se distingue par une approche plus conceptuelle intégrant une dimension sociale et politique explicite.


Dès ses débuts, pour conserver les traces de ses interventions, Dennis Oppenheim utilise très souvent la photographie ou le film qui deviennent des oeuvres à part entière. C'est le cas de l'oeuvre Whirlpool-Eye of the Storm, une série de sept photographies qui documentent un projet réalisé au cours de l'été 1973 dans le désert du El Mirage Dry Lake en Californie pour lequel un avion dessina des cercles de fumée blanche dans le ciel. Durables ou éphémères, les oeuvres de l'Earth art sont le plus souvent inaccessibles physiquement pour le public. Les témoignages (photographies, film vidéo, dessin ou discours) sont alors nécessaires à leur existence et à leur diffusion.


La dimension sociale et politique de l'oeuvre de Dennis Oppenheim est perceptible dans des installations telles que Bee-Hive (Volcano). Réalisée entre 1978 et 1989, cette oeuvre se compose de cinq coupoles en verre soufflé disposées au sol accompagnées de l'enregistrement sonore d'abeilles bourdonnantes. Dennis Oppenheim crée un parallèle entre le bourdonnement d'une ruche, ou la potentielle explosivité d'un volcan, et une activité sociale opprimée et par extension toute situation dans laquelle les comportements sociaux sont conditionnés, contrôlés ou réprimés. Les couleurs primaires vives donnent à l'installation un aspect ludique et innocent qui contraste avec l'avertissement de son message politique sous-jacent.


A partir des années 1980, Dennis Oppenheim va réaliser de nombreuses commandes publiques et privées. Ces oeuvres monumentales destinées à des espaces extérieurs se matérialisent sous la forme d'architectures déstructurées et expressionnistes. Ses oeuvres s'apparentent alors à des machineries complexes, entre architectures et sculptures, documentées par des dessins réalisés a posteriori. Il crée en 2008 dix-huit sculptures évoquant la forme de cactus (Architectural Cactus # 1-12) dont six pour composer l'installation monumentale Garden of Evidence installée dans le paysage désertique de Scottsdale en Arizona. Patchwork de matériaux divers provenant des sites médicaux légaux de la police, les cactus, avec leurs dimensions, couleurs et matériaux divers, renvoient métaphoriquement aux enquêtes policières et à la collecte d'indices. Cette commande ayant été implantée en face du poste de police local, elle témoigne de la prise en compte de l'artiste d'un contexte spécifique dans la conception et l?implantation de ses oeuvres extérieurs.


Les trois oeuvres Study for Hair Pieces appartiennent à une série de dessins et de plans de modèles d'architectures que Dennis Oppenheim réalise en 1993. Ces dessins s'apparentent à des esquisses de maquettes d'architectures. Néanmoins, une majorité d'entre eux n'aboutit pas nécessairement à une réalisation concrète, il s'agit avant tout pour l'artiste d'expérimenter librement et de confronter conceptuellement des matières ou de concevoir une organisation spatiale avec expressivité et humour.


La dimension processuelle et protocolaire est très importante pour Dennis Oppenheim : ses propositions sont déclinées en variations jusqu'à épuisement des combinaisons. À l'image de ces dessins d'architecture, l'usage de la maquette (Exposed Kidney Pool) contribue à donner à ses oeuvres un aspect technique. Les réalisations de l'Earth art se différencient notamment de celles du Land Art par une pensée technique héritière de l'ère industrielle finalement très proche de l'Art Minimal. Les oeuvres sont conçues comme des machines ou des usines, installées dans de vastes espaces à leur échelle, et les artistes, eux, n'hésitent pas à affirmer qu'ils « travaille[nt] dans le bâtiment »1


Dennis Oppenheim est né à Electric City en 1938, il est mort à New York en 2011. Récemment ses travaux ont été exposés au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne en 2011, au MAMCO de Genève en 2015 ou encore à l'Art Institut of Chicago en 2016. Dennis Oppenheim a réalisé plus d'une cinquantaine d'oeuvres dans l'espace public dans de très nombreux pays autour du monde. Ses oeuvres sont présentes dans de prestigieuses collections muséales telles que la Tate Gallery à Londres, le Stedjelik Museum à Amsterdam, le MAMCO à Genève, le Los Angeles County Museum of Art, le Centro de Arte Reina Sofia à Madrid, le Whitney Museum of Modern Art à New York, la Kunsthalle Hamburg ou encore le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne.


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1 « Vous pouvez dire que je travaille dans le bâtiment » Michael Heizer au sujet de son oeuvre Isolated Mass/Circumflex, Nine Nevada Depression #9, 1968, déplacement de six tonnes de matériaux dans le fond d'un lac asséché