Files, Shields and Neons

24/01 > 21/03 2020


La Galerie Mitterrand est heureuse de présenter une nouvelle exposition de l’artiste américain Keith Sonnier. Intitulée Files, Shields and Neons elle se tient du 24 janvier au 21 mars 2020 et rassemble une sélection d’œuvres historiques mêlées à d’autres plus récentes de l’artiste réalisées entre 1968 et 2005.

Keith Sonnier est un artiste américain post-minimaliste. Débutant sa carrière dans le « downtown » du New York des années 1960, aux côtés d’autres artistes sortant de l’Université de Rutgers, Sonnier redéfinit la sculpture en utilisant des matériaux et techniques auparavant relégués à l’univers de la quincaillerie. S’il partage avec Carl Andre, Dan Flavin ou Sol LeWitt la volonté d’une sculpture anti-illusionniste, ses œuvres se révèlent dès le début plus narratives et littéraires que celles des minimalistes. Sonnier travaille au départ une grande variété de matériaux tels que le latex, les tissus, les objets trouvés pour créer des sculptures qui font appel à l’éphémère et au transitoire. À partir de 1968, il est l’un des premiers artistes à explorer les effets de la lumière dans ses œuvres d’abord avec l’utilisation d’ampoules puis avec la création inédite de néons courbes qui viendront dialoguer avec l’environnement et l’architecture pour créer de véritables dessins dans l’espace.

Pour cette nouvelle exposition consacrée à l’œuvre de Keith Sonnier, qu’elle représente depuis 2008, la Galerie Mitterrand propose un ensemble de sept sculptures murales issues de différentes séries emblématiques de l’artiste : les Files, les Shields et les Neons. Les œuvres Veiled File I (1968) et Flocked File (1968) appartiennent à la série des Files que Keith Sonnier développe à partir de 1966, avant que la lumière ne devienne sa marque de fabrique. À partir d’une lime à ongles (« nail file » en anglais) en carton qu’il entoure de ficelle en 1966 (Small File Study), il déclinera de multiples versions de cette forme simple, plus ou moins identifiable, parfois voilée, cachée, déguisée, recouverte ou même rembourrée. Avec ces œuvres réalisées avec une économie de moyens, l’artiste expérimente l’aspect tactile et charnel d’une sculpture ronde, appétissante et sensuelle, créée par la combinaison de diverses actions manuelles d’enrobage, d’enveloppement, de remplissage, etc.


Keith Sonnier dit de l’origine de cette série : « Le fait d’isoler un objet de cette façon m’a fait réfléchir à l’idée de redéfinir sa forme en l’enveloppant, un peu comme si on lui dessinait dessus, mais essentiellement en l’enveloppant comme une maman. Ensuite, d’autres façons de développer la série des Files sont apparues. En recouvrant les choses de différentes couches. En les fourrant. En les remplissant. Le toucher plutôt que le concept était devenu essentiel. »  

Avec Neon Wrapping Incandescent I (1970), l’artiste rentre dans une période plus emblématique et expressionniste de son travail avec des œuvres qui recourent à la fois à des ampoules mais aussi à ses fameux néons courbes. Dans ces pièces, dont les titres décrivent la matière et l’action, les lignes, les arches et les déliés de Keith Sonnier révèlent l’aspect sensuel voire sexuel de son travail.


Trois œuvres plus récentes de la série des Shields (boucliers) viennent compléter ce panorama sur l’œuvre de Keith Sonnier. Botswana Junction I, Botswana Junction II et Elliptical Shield Extended arm (toutes réalisées en 2005) ont été inspirées par l’intérêt que l’artiste porte à l’Afrique en général et en particulier en référence aux boucliers tribaux dont la forme allongée est ici reprise. Depuis le début de sa carrière, Keith Sonnier s’intéresse aux arts premiers d’Afrique et d’Asie et s’est approprié certaines formes choisies pour les intégrer dans des œuvres à la frontière entre art minimal et art primitif.

Keith Sonnier est né en 1941 à Mamou (Louisiane) aux États-Unis. Il vit et travaille à New-York. Il a bénéficié d’une vingtaine de commandes publiques depuis les années 80. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles notamment au Centre Pompidou à Paris en 1979, au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington en 1989, à la Neue Nationalgalerie à Berlin en 2003 ou plus récemment au MAMAC à Nice en 2015 et au Parrish Art Museum, Water Mill, New York en 2018. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les collections du Whitney Museum of American Art et du MoMA à New York, du Hara Museum of Contemporary Art à Tokyo ou encore du MOCA à Los Angeles.


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1 Keith Sonnier, interview par Barbara Bertozzi Castelli dans Keith Sonnier: Files, (New York: Leo Castelli, 2011).