07/09 > 03/11 2018


La Galerie Mitterrand est heureuse de présenter une nouvelle exposition personnelle de l'artiste cubain Agustín Cárdenas. A cette occasion, la galerie a choisi de se concentrer principalement sur une sélection d'oeuvres uniques réalisées entre la fin des années 50 et 70.

Agustín Cárdenas est né à Matanzas à Cuba en 1927. Il s'initie au modelage puis à la taille directe à l'École Nationale des Beaux-Arts de San Alejandro à la Havane où il étudie de 1943 à 1949. L'artiste s'affranchit rapidement des codes classiques enseignés et rejoint le Groupe des Onze réunissant les peintres et sculpteurs cubains qui rejettent l'art académique. C'est à cette époque que Cárdenas découvre également le travail de Hans Arp, Constantin Brancusi ou encore Henry Moore. En 1955, il part pour la France et s'installe à Paris dans le quartier de Montparnasse. Il se lie rapidement d'amitié avec André Breton et les surréalistes et sera exposé dès l'année suivante à leurs côtés. A travers le bois, le marbre mais aussi le bronze, l'artiste développe une oeuvre poétique, courbe et sensuelle où se mêlent générosité organique, silhouettes allongées et formes abstraites. Le travail de Cárdenas se caractérise par un savant mélange entre abstraction et figuration. L'abstraction de sa grammaire formelle est presque toujours contrebalancée par une représentation figurative suggérée par les titres qu'il choisit. Totems, coquilles, femmes, couples, chevaux, portes, stèles... autant de sujets peuplés de symboles, arrachés à la mémoire inconsciente et qui donnent à l'artiste des prétextes à conjuguer le verbe créer, à travers des formes variées.


Cette exposition consacrée au travail de sculpteur d'Agustín Cárdenas présente une sélection de pièces en bois et en marbre qui sont le résultat d'une taille et d'un façonnage réalisés par l'artiste. Il s'agit d'oeuvres uniques parfois rééditées dans un second temps en bronze telle que L'Histoire n'est pas finie (1958). Le bois dans lequel il sculpte ses longues silhouettes et totems, comme dans Forme Verticale (1968) est un matériau « pauvre » et « brut » par excellence. Son usage et son traitement font écho à ses origines anciennes et renvoient à la sculpture primitive et à la statuaire africaine. L'exposition présente des oeuvres réalisées à partir de différents bois : Katanga (1959) en acajou, Repos (1960) en chêne ; parfois peints ou même brûlés. A l'inverse, le marbre est un matériau noble, utilisé depuis l'Antiquité pour reproduire les formes idéales de la beauté humaine. Les oeuvres qu'il sculpte à partir de ce matériau nous rappellent l'influence de la sculpture moderne sur son travail, notamment Reclining Figure de Henry Moore. On retrouve ces formes féminines et idéalisées dans Sculpture de forme sensuelle (1969-1970), Fleur éveillée (1975) ou encore Dompteuse (1972). Leur surface lisse et polie contraste fortement avec l?aspect volontairement brut de ses sculptures en bois.


Agustín Cárdenas a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles telles qu'au Cuba Palacio de Bellas Artes de la Havane (1955), à la Galerie de la Cour d'Ingres à Paris (présenté par André Breton en 1959), au Museum of Fine Arts de Houston (1959), à la Biennale de Paris lors de laquelle il remporte le 1er prix pour la sculpture (1961), à la Biennale de Tokyo (1965), au Musée National de Bellas Artes de la Havane (1993) ou plus récemment au Château de Biron et dans les jardins du manoir d'Eyrignac (2012). Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et muséales telles que le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, le Museo d'Arte moderna de Rome, le Museo d'Arte Moderno de Caracas, le Centre Georges Pompidou à Paris, le Museo National de Cuba, le Modern Art Museum à Tel Aviv, The Hakone open-air Museum au Japon, etc. En 1994, alors malade il décide de repartir à Cuba où il s'éteindra en 2001. Il est enterré au cimetière Montparnasse à Paris.