Un être flottant

Palais d'Iéna, Conseil Economique, Social et Environnemental

16/10 > 25/10 2016
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
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Depuis les années 1950, Carlos Cruz-Diez concrétise le rêve, formulé il y a près d’un siècle par Vassily Kandinsky, de faire de l’image « un être flottant dans l’air ». Né à Caracas en 1923, le Vénézuélien s’installe à Paris en 1960, où il vit et travaille encore aujourd’hui. C’est toutefois dès 1954 que ses oeuvres, aux côtés de celles de Victor Vasarely, Jesús Rafael Soto ou encore Heinz Mack, participent de l’émergence d’une forme radicale d’abstraction : l’art optique et cinétique. Cruz-Diez élabore ainsi maints procédés qui explorent ce phénomène hautement instable qu’est la couleur pure.

Que ce soit sur le plan du tableau, dans l’épaisseur du relief ou dans l’espace sculptural, il s’emploie à déclencher des événements chromatiques en faisant se décoller la couleur du support, en la projetant dans les arcanes de la perception, non sans impliquer une participation active du spectateur - une telle expérience d’alchimie chromatique offrant ainsi un singulier précédent aux environnements du Light & Space californien, par exemple ceux de James Turrell, pour ne mentionner qu’eux.


Pour cet envrionnement au Palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental, Cruz-Diez compte envahir et modifier la perception de ce bâtiment manifeste d’Auguste Perret, de son architecture spectaculaire et sans ornement, mais aussi des nuances délicates de ses bétons colorés. Le visiteur fera ainsi l’expérience du pavillon de plexiglas coloré de la première Chromosaturation (1965), sous la forme des diverses projections lumineuses qui le plongeront dans des bains palpitants monochromes. Un Environnement Chromatique, réalisation monumentale in situ déployée dans le volume hors-échelle de la salle hypostyle, se fondera quant à lui sur la pratique picturale de Cruz-Diez - laquelle préfigura autour de 1957 la mouvance de l’op art et ses effets vibratoires. Versé dans les intégrations architecturales depuis les années 1970, Cruz-Diez envahira l’espace, certes, mais en prenant grand soin de laisser s’exprimer pleinement le genius loci - l’esprit du lieu.


Matthieu Poirier



Presse

ARTS LIBRE

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18.01.2017

M LE MAGAZINE DU MONDE

Le retour de l'Op Art

10.12.2016

LE QUOTIDIEN DE L'ART

Carlos Cruz-Diez, ou l'ambiguïté de la couleur au Palais d'Iéna

22.10.2016