Mes Maisons

20/10 > 24/11 2007
Vue de l'exposition
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La JGM. Galerie présente un ensemble de sculptures et de photographies récentes de Jean-François Fourtou. "Mes Maisons" permet de découvrir un nouvel aspect du travail de cet artiste, à travers un nombre important d'oeuvres, qui ont été réalisée spécialement pour l'exposition

Depuis plusieurs années, Jean-François Fourtou s'emploie à transformer en oeuvre d'art les lieux dans lesquels il vit ou travaille. Sa garçonnière, perchée entre ciel et terre sur les toits de Paris, n'abrite pas moins de 250 escargots géants, disposés du sol au plafond. À l'image de cet animal caché sous sa coquille, l'artiste conçoit ses Maisons comme des enveloppes dans lesquelles il se dissimule et retrouve son monde intérieur. Tout y est conçu sur le mode de la cachette : un lit derrière un mur d'image, une baignoire sous un bureau? Véritable nid d'astuces, cette coquille grandeur nature nous introduit dans l'univers intime et résolument ludique de l'artiste. On l'aura compris, difficile de rester insensible à ce monde, qui rouvrira en chacun les portes de l'enfance.


Son atelier à Madrid relève aussi du terrain de jeu : ici une main aux allures de mollusque géant envahit soudain les toilettes, là un empilement de cubes constitue un mobilier qui se prête à toutes les fantaisies.


Ses Maisons, ce sont aussi des surfaces de projections pour souvenirs enfouis. Chaque lieu fonctionne comme un rêve que l'artiste aurait décidé de transposer en trois dimensions : condensations, ellipses, pertes de repères spatiaux et temporels, jeux d'échelles, c'est le même dérèglement, les mêmes incongruités que dans les rêves qui s'opèrent.


À Marrakech, Jean-François Fourtou a reconstitué d'après souvenir, et à trois échelles différentes, une partie de la maison de son arrière grand-mère, qui a marqué son enfance. À échelle double, les objets retrouvent la taille démesurée qu'ils avaient quand nous étions enfants. L'échelle trois-quarts est quant à elle parfaitement adaptée à la fille de l'artiste, qui s'apprête à fêter son quatrième anniversaire. Enfin, l'échelle 1/5ème est à peine plus grande qu'une maison de poupée. Deux photographies monumentales montrent l'artiste recroquevillé en position foetale, dans une pièce miniature. Maison-mère, matrice, lieu de repli protecteur, la maison est tout cela à la fois.


Parallèlement aux photographies et aux maquettes de maisons, Jean-François Fourtou présente une série d'objets monumentaux, comme ce broc de 80 cm, ce balai de près de 4 mètres ou ce pull tricoté pendu à un cintre d'un mètre de large? Ce gigantisme renvoie tout naturellement le spectateur à sa condition et à son regard d'enfant.


L'exposition décrit ainsi un parcours dans les méandres du temps et de la mémoire collective. Comment habiter son monde intérieur, cette maison qui en soi ne nous quitte jamais ? Comment trouver une place à sa juste mesure ? Ce sont peut-être les questions qui parcourent en filigrane les lieux de vie et les sculptures géantes de Jean-François Fourtou.