Rachel Feinstein

22/11 > 24/01 2015
Vue de l'exposition
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La Galerie Mitterrand est heureuse d'annoncer la première exposition personnelle de l'artiste américaine Rachel Feinstein à Paris. Cet évènement est l'occasion de découvrir un ensemble d'oeuvres représentatives de la production récente de cette artiste incontournable de la scène New-Yorkaise actuelle.

Depuis le début des années 2000, Rachel Feinstein développe principalement un travail sculptural qui laisse néanmoins une place importante à la peinture et au dessin. Pour réaliser ses oeuvres, majoritairement figuratives, Rachel Feinstein utilise en permanence une iconographie des arts et de la culture européenne des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, ses références principales étant les styles Baroque et Rococo. Cependant, son oeuvre semble surjouer la recherche de beauté, de raffinement et de sophistication caractéristique de ces périodes. Cette emphase délibérée laisse transparaître une dimension critique qui s'exprime à travers un style volontiers caricatural ou parodique. Ainsi, les chevaux royaux (Wagenburg, 2001), les anges (Army of God, 2008) ou les scènes bibliques (Crucifixion, 2003) composent une oeuvre où se mêlent la grandeur et le prestige de l'Histoire européenne à la décadence et au déclin de l'aristocratie et du royalisme. Les somptueuses peintures sur miroirs réalisées par Rachel Feinstein (Rhoda, Marie, Eva, 2005) représentent des femmes excessivement enlaidies ou des châteaux des anciennes cours d'Europe (Kasteel de Haar, 2010, Castle Pernstejn, 2012), au charme suranné, détournés par l'esthétique kitsch du château de Cendrillon. De même, ses sculptures en plâtre ou aux surfaces planes renvoient à l'idée d'artificialité. Elles s'apparentent souvent à des objets ou des environnements décoratifs (The Sorbet Room, 2001; Satinstein, 2002) ou à des éléments de décor (de cinéma ou de théâtre) dont on peut voir la face cachée et comprendre les mécanismes. Toutes ses oeuvres révèlent l'intérêt de leur auteur pour l'esthétisme fantaisiste des contes de fées issues de l'industrie hollywoodienne, à mi-chemin entre Walt Disney et le Marie-Antoinette de Sofia Coppola. On peut voir l'oeuvre de Rachel Feinstein comme une déformation de l'héritage des monarchies européennes par la culture populaire américaine, réinterprétation historique ou combinaison de différentes époques qu'elle explique ainsi, le « Roccoco, pour les américains, c'est Liberace, mais c'est aussi Disney World, c'est la Belle au Bois dormant - le conte de fées des frères Grimm, la Forêt Noire, des choses de ce genre...».

Pour son exposition à la Galerie Mitterrand, Rachel Feinstein présente une sculpture représentant un grand carrosse noir accidenté, Puritan's Delight (2008), inspiré des carrosses royaux autrichiens du XIXe siècle. Cette oeuvre aux lignes épurées crée un climat dramatique qui fait écho aux dessins des anges des cimetières de Zurich et de Manchester (dessins au pastel réalisés en 2012).  Cette mise en scène funeste accueille une sculpture en aqua-résine peinte en blanc intitulée The Hun Girl (2014).  Présentée pour la première fois dans la Schwartz Gallery du Metropolitan Opera de New York, cette oeuvre est un portrait imaginaire du personnage de Konchakovna, figure clé de l'Opera Le Prince Igor d'Alexandre Borodine.

Rachel Feinstein est née en 1971 en Arizona (USA). Elle vit et travaille à New York. Son oeuvre a fait l'objet de plusieurs expositions personnelles parmi lesquelles sa première exposition en France au centre d'art le Consortium en 2006 (Tropical Rodeo), l'exposition The Snow Queen à la Lever House Art Collection à New York en 2011 ou plus récemment Folly (2014) au Madison Square Park avec la présentation de plusieurs sculptures monumentales.